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Dossiers > Les intoxications au CO
L'intoxication par le monoxyde de carbone est la première
cause de décès par intoxication en France. Elle cause la mort de plusieurs
centaines de personnes chaque année en France. Les enfants sont particulièrement
touchés par cette intoxication : plusieurs centaines d'enfants sont victimes
d'intoxication oxycarbonée et sont hospitalisés dans un état grave.
Généralités :
Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz incolore, inodore
et sans saveur. Il est très diffusible et sa densité est proche de celle de
l’air. Il existe en taux faible dans l'air ambiant, mais les effets cliniques
visibles de sa toxicité n’apparaissent qu’à partir d’une concentration seuil.
Seuils de CO dans l'air ambiant et
correspondance clinique (CO exprimé en partie par million : PPM)
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< 100 ppm |
Céphalées |
|
200 ppm |
Nausées |
|
500 ppm |
Vomissements, perte de
conscience brève |
|
1.000 ppm |
Intoxication grave, coma |
|
1.500 ppm |
Valeur immédiatement
dangereuse pour la vie |
|
2.000 ppm |
Mortel en 4 - 5 heures |
|
5.000 ppm |
Mortel en 20 minutes |
Ce gaz est dégagé par toute combustion incomplète de
substance carbonée (fuel, gaz, mazout, pétrole, essence, charbon, bois…). Il est
donc à l’origine :
1 : D'accidents
domestiques, collectifs ou individuels
> Chaudières, chauffe-eau, chauffages d’appoint mal réglés, cheminée, poêle à
charbon fissuré ou obstrué…
> Calfeutrage excessif des ouvertures, confinement.
2 : De suicides, en
utilisant les gaz d'échappement d'un véhicule
3 : D'intoxications lors
d'incendies, où ses effets sont alors ajoutés à ceux d'autres toxiques tels que
les cyanures.
Physiopathologie et Clinique :
Les effets toxiques du CO sont liés à sa grande affinité
avec les hémoprotéines dont il bloque le fonctionnement : il vient occuper les
sites de transport d'O2 dans le sang (au niveau de l’hémoglobine), diminuant
donc l'oxygénation des tissus.
Les principaux signes sont des céphalées, des vertiges,
des nausées et vomissements, et des troubles de la conscience pouvant aller de
la simple agitation au coma. Ils sont parfois associés à des troubles
neuro-sensoriels à type de bourdonnements d’oreille ou de sensation de mouches
volantes.
Néanmoins, il faudra toujours évoquer ce type
d’intoxication lorsque l’un des troubles suivants apparaît dans un espace clos :
perte de connaissance brève, troubles de la vision, difficultés d’idéation,
actes inappropriés, manifestations ébrieuses, ou convulsions notamment chez
l’enfant. Dans le même contexte, il faut savoir également effectuer ce
diagnostic devant la recrudescence d’une angine de poitrine chez un cardiaque
connu.
Mesures et Détection :
On peut effectuer différents types de mesure du CO : des
mesures atmosphériques (en ppm), des mesures sanguines, et depuis peu des
mesures dans l’air expiré du malade (donnant à l’aide d’abaques le taux sanguin
de CO).

Conduite à tenir et
Traitement :
Tout d’abord, évacuer la victime sans s’exposer soi-même
(L'ARI est ici particulièrement utile).
Le traitement institué ensuite est avant tout une
oxygénothérapie, qui dans certains cas peut même se faire à l'aide d'un caisson
hyperbare (chez la femme enceinte pour éviter une atteinte du fœtus, chez les
jeunes enfants, et chez les victimes présentant des troubles de la conscience).
Selon les protocoles actuellement en vigueur, toute personne intoxiquée doit
rester au moins 12 heures hospitalisée pour bénéficier d’une oxygénothérapie à
100%.
Ce traitement spécifique doit bien entendu être associé à
une réanimation symptomatique classique.
Les complications possibles sont principalement
respiratoires précoces, et neuro-psychique après un délai d’une quinzaine de
jour (syndrome post intervallaire), mais une prise en charge précoce permet de
limiter leur incidence.
Conclusion :
L’intoxication au monoxyde de carbone est une intoxication
potentiellement grave. Elle nécessite une prise en charge rapide et spécifique
bien codifiée actuellement.
En ce qui concerne les équipes de secours, la possession
de matériel individuel de détection et de mesure paraît indispensable sur le
plan de la sécurité, et très pratique pour améliorer la gestion des intoxiqués
et des impliqués lors d’intoxications collectives.
Néanmoins, dans de nombreux cas, ces accidents pourraient
être évités grâce à une information plus poussée du public quant à la nécessité
d’un entretien régulier des matériels de chauffage (entre autres), et quant aux
risques encourus. |